MON FOYER, MA GALÈRE

A la recherche inconditionnelle du mariage, plusieurs femmes tombent dans le piège de certains hommes. C’est courant de voir des hommes qui refusent que leur conjointe exerce une activité professionnelle. Mais chères dames, ne vous  méprenez pas sur cette attitude des hommes. Suivez l’histoire de cette jeune dame et vous en tirerez pas vous même des leçons.

Il y a de cela sept, je fis la rencontre d’un homme merveilleux. Oui, c’était un homme au grand cœur, généreux et qui savait prendre soin d’une femme. De plus, il était très beau et  séduisant. En sommes, il avait tout pour que la plus sainte des femmes succombe à son charme. Il me couvrait de cadeaux et me traitait comme une reine.

Quelques années en arrière, j’étais une jeune fille, fraîchement diplômée d’une  école de transit. Après mon stage dans une entreprise de la place je me mis à la recherche d’un boulot mais sans succès.  Cependant grâce à l’argent que m’envoyait régulièrement mon frère aîné qui vivait en Italie, j’entrepris un commerce. Je me lança dans la vente des vêtements et articles pour femmes. Très vite mon commerce prospéra et je parviens même à ouvrir un compte bancaire sur lequel j’épargnais régulièrement de l’argent.  Quant à ma vie sentimentale, elle était peu reluisante.  A vrai dit, je n’avais pas la chance en amour. Et le fait que je ne voulais pas dépendre d’un homme ne facilitait pas les choses. Trois années passaient et je devins une véritable « businesswoman ». J’effectuais même quelques voyages dans la sous-région. Un matin, alors que j’étais assise dans mon magasin, une jeune dame gara sa voiture. Lorsqu’elle entra dans le magasin,quelle ne fut ma surprise de voir mon amie d’enfance. Toutes heureuses, nous tombâmes dans les bras l’une de l’autre. On évoqua ensemble les bons souvenirs. Au cours de nos échanges, elle me posa ces questions qui reviennent  la plupart du temps dans les causeries de femmes : -« Tu es mariée? Tu as combien d’enfants maintenant« ? Un peu gênée, je répondis par la négative. Elle reprit la parole en disant: – « Ahi! toi aussi toutes nos amies sont mariées et ont au moins un enfant. Il faut chercher à te marier dêh! Tu vieillis oh! » Je priai le ciel qu’elle finisse ses achats et qu’elle parte de mon magasin car ses propos tournaient à la moquerie.  Je n’avais que 27 ans et pourtant tout le monde me reprochait le fait que je sois pas encore dans un foyer. Elle pris congés de moi et me laissa soucieuse de mon statut de célibataire.

Quelques mois plus-tard, je fis la rencontre de celui qui allait devenir mon mari. Mon homme était incroyable. Il  était à mes petits soins. C’était un ange  à mes yeux. Cependant celui-ci avait un défaut, il était jaloux. Selon lui, il était capable de prendre soin de moi et m’intima de mettre un terme à mon activité commerciale. Il était ingénieur pétrolier. Comprenez alors son aisance financière. Je décida de céder mon magasin à une jeune dame. Je l’aimais trop et surtout je voulais absolument me marier, pour mettre un terme aux moqueries de mes amies et aux ragots de mes proches. Deux mois plus-tard,  mon homme officialisa notre union.Dans les premières années de notre mariage, c’était le parfait amour. Dîner dans les grands restaurants, shopping; j’avais droit à toutes les folies qu’une femme pouvait se permettre. De l’argent, mon homme m’en donnait et cela temps que je lui en demandai.  J’étais à présent une femme au foyer qui vivait aux dépens de son homme. Hélas deux années de mariage seulement auront suffit pour que mon homme se métamorphosa. A chaque fois que je lui demanda de l’argent pour mes besoins, il m’injuriait. Il me sortait des propos atroces:  » tu crois que quoi? Toujours c’est toi. A cause de toi mon salaire ne me suffit plus. Tu gaspilles mon argent seulement« .

Au début j’ai pu m’en sortir grâce à mes économies jusqu’à ce que mon compte soit vide. Et la naissance de notre petit garçon n’a fait qu’aggraver ma situation. Quand le lait du petit finissait et que je réclamais l’argent pour m’en procurer c’était des insultes. Je n’osais même pas lui parler des besoins de ma famille. J’ai été tellement humiliée à ce sujet. Quand j’avais le magasin, j’aidais mon frère aîné à prendre soin de ma mère et de mon père qui étaient vieux et sans ressources.  Lorsque ma mère m’appelait pour me demander de l’aide et que je me tournais à mon tour vers mon mari, il me disait:  » dis à tes parents que je n’ai rien à leur donner. Je ne suis pas une banque« . Il n’avait jamais d’argent pour moi pourtant il était généreux avec les membres de sa famille et ses amis. Pendant que j’étais sans le moindre petit sou, Monsieur vivait la vie de Lougah hors du domicile conjugal. C’était tellement difficile pour moi que je demandais parfois de l’aide à des amis qui parfois choqués me disaient: « Tu es marié non? Il faut demander de l’argent à ton mari? » Cette situation me fit regretter mon indépendance financière que j’avais laisser tomber pour un homme. Le comble c’est que je n’ai plus jamais songé à me trouver un boulot puisse qu’il me l’avait interdire. Et oui, je croyais trouver le bonheur dans ce mariage mais j’ai compris un peu tard et à mes dépens que l’autonomie financière de la femme est le premier pas vers son épanouissement et son bonheur.

Cette histoire n’est pas un cas isolé. Beaucoup de femmes africaines sont face à ce cas de figure. En Afrique la femme n’acquiert le respect des siens que lorsqu’elle est mariée. Et c’est pour cette raison que certaines acceptent de mettre une croix sur leur autonomie financière.  Dans la conception africaine, la place de la femme est à la maison. Et cette conception est encore vive dans l’esprit de la plupart des africains. Souvent la jalousie et la crainte de perte leur bien-aimée pourraient aussi expliquer ce fait. Mais femme, je veux m’adresser à toi. C’est vrai tu aspires au mariage mais penses-tu pouvoir faire perdurer ton mariage dans le temps sans une autonomie financière? Vous conviendrez avec moi que la vie devient de plus en plus dure. Avec l’inflation des loyers, des soins médicaux, de l’alimentation (etc…), il difficile de faire vivre une famille avec un seul salaire. Femme, tu gagnerais à avoir ton indépendance financière.  Tendre la main à homme te vaudra un jour où l’autre une humiliation de sa part.

Au termes de l’article 67 de la loi 2013-33 du 25Janvier 2013  sur le mariage: » chacun des époux est libre d’exercer la profession de son choix à moins qu’il ne soit judiciairement établi que l’exercice de cette profession  est contraire à l’intérêt de la famille« . Au sens de cet article, l’homme ne peut enjoindre à son épouse de  pas exercer une activité professionnelle. A moins qu’il apporte la preuve devant le juge que l’activité professionnelle de son épouse mettrait en péril l’équilibre de la famille. Femme te laisses pas manipuler par un homme. Recherches ton autonomie financière. Car une femme mariée a le respect des siens mais une femme autonome l’a encore plus.

Quant à toi jeune fille, que cette histoire de serve de leçon. Concentre toi sur tes études et que la recherche de ton autonomie financière soit ta priorité.

LE LEADER DE DEMAIN C’EST TOI!

Vous aimerez aussi

Un commentaire

  • Belle histoire. Rien que pure vérité. Mais il s’avère aussi que certaines femmes ne considèrent plus leur conjoint une fois trop heureuse.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *