FIANCÉE A UN MENDIANT

A la recherche de meilleures conditions de vie, la capitale ivoirienne attire de plus en plus de monde. Chacun essayant tant bien que mal de gagner sa vie. Mais certains en proie à la fainéantise et la cupidité préfèrent se livrer à la mendicité. Si vous vivez en Côte d’Ivoire, sûrement que vous avez été abordé  au moins une fois, par un homme ou une dame  qui vous demande de l’aide en disant: » Mon frère, ma sœur, pardon aide-moi à payer mon transport« . D’autres encore plus ingénieux vous présentent une ordonnance médicale ou un sachet de médicaments  en disant: « pardon je suis malade, il faut m’aider  à payer mes médicaments, j’ai faim donne-moi un peu d’argent, je vais m’acheter de quoi manger« .

En vrai la plupart d’entre eux ne sont pas des nécessiteux mais des escrocs. Suivez l’histoire de cette jeune dame et vous jugerez par vous même.

« L’école n’a jamais été mon point fort. Aussi, mon père décida t-il après mon second échec à l’entrée en sixième de m’inscrire dans une école de couture. Cette décision était salutaire car j’excellais dans ce domaine. Ma formation terminée, je m’installa à mon propre compte. Eu égard à mon savoir-faire, je n’eus pas de mal à m’établir une bonne réputation dans le milieu des couturiers. Ainsi, toutes les filles branchées de la belle cité de Gagnoa, fréquentaient mon atelier de couture. La trentaine passé, j’étais encore célibataire. Lors d’une virée entre copines, je revis mon voisin de classe. Contrairement à moi, il avait continué les études et était devenu un puissant homme d’affaires à ABIDJAN. Au fil du temps, l’amour s’installa entre nous et je finis par accepter ses avances. En hommes d’affaires avéré, mon homme était toujours entre deux avions. A chaque retour de voyage, il me couvrait de cadeaux. Vêtements, bijoux, parfums de quoi rendent jalouses mes copines qui n’arrêtaient pas de me dire: » Eh ma sœur, tu es tombée sur le gros lot, tu as eu un bon gars dêh! « . Quant à moi je bénissais le ciel, pour cet homme doux, aimant et attentionné qu’il m’avait permis de rencontrer.

Avec la pression que mon père me mettait pour rencontrer mon bien-aimé, mon homme décida de faire le traditionnel «  KÔKÔKÔ* « . Ah! je m’en souviens comme si c’était hier. Ce jour là, toute ma famille était réunie. Et mon fiancé a impressionné toute ma famille par les nombreux présents qu’il offrait pour demander ma main. Mes oncles n’arrêtaient pas de féliciter mes parents:  » DIEU vous a béni oh! vous avez eu un bon beau-fils« .

La vie suivie son cours et mon fiancé n’en finissait pas avec ses voyages. La solitude me rongeait mais je finis par m’y habituer. Pendant les fêtes de fin d’années, le ballet infernale des clientes ne finissait pas dans mon atelier de couture. Aussi, au cours du mois de Janvier, décidais-je de prendre quelques semaines de repos. Pour rompre avec la routine, je me rendis à ABIDJAN chez une cousine. Un week-end, ma cousine et moi décidâmes d’aller nous détendre sur la belle plage de Grand-Bassam. Arrivées à la très célèbre gare de Bassam, située dans la commune de Treichville, nous montâmes dans un mini-car. Le véhicule n’était pas encore plein. Soudain un homme nous présenta au travers des vitres une ordonnance médicale en disant: » Pardonnez à cause de DIEU, je suis malade. Aidez-moi à payer mes médicaments ». Étrange soit-il, cet homme ressemblait trait pour trait à mon fiancé. Je cru que j’avais une hallucination. Nos regards se croisaient. A peine ai-je prononcé son nom qu’il prit ses jambes à son cou. C’était donc ça ses affaires qui l’emmenaient tant à voyager. Il m’a bien eu. »

LES NOUVEAUX MENDIANTS D’ABIDJAN, voici une tare qui mine la société ivoirienne. On les rencontre parfois aux abords des gares routières ou encore des églises. Ce qui est révoltant, c’est que la plupart d’entre eux sont des personnes valides qui préfèrent tendre la main autres au lieu de « se chercher* ». Dès que vous leur remettez de l’argent, il reprenne le même scénario juste à quelques pas de vous, sans gêne. Ils profitent de la sensibilité et de la générosité des autres pour les escroquer. Cependant, il peut arriver que certains soient de bonne foi. Mais à cause des nombreuses tromperies, beaucoup d’ivoiriens s’abstiennent de leur venir en aide. Chers amis, si vous vous faîtes aborder par un NOUVEAU MENDIANT D’ABIDJAN, ne vous sentez pas obliger de poser un quelconque acte. Toutefois si vous estimez que cette personne est sincère, n’hésitez pas à lui venir en aide dans la mesure de vos moyens. Car les sages africains nous l’on dit: » le bienfait n’ai jamais perdu« .

A l’attention des NOUVEAUX MENDIANTS D’ABIDJAN, la mendicité est un délit et puni d’une peine d’emprisonnement de trois(3) à six(6) mois d’emprisonnement. Vivement que les autorités se penchent sur cette situation qui ternie l’image de notre pays.  ABIDJAN est dur* pour tous, arrêtez donc de vivre aux dépens des autres.

QUE LA PAIX SOIT VOTRE PARTAGE!

 

LEXIQUE

KÔKÔKÔ: fiançailles  en Afrique. Rite qui consiste pour le gendre a offrir des présents à la famille de sa fiancée. Cette cérémonie permet d’informer la famille de la jeune fille qu’elle fréquente tel jeune homme, de telle famille.

SE CHERCHER:  expression ivoirienne qui signifie se battre pour réussir ou faire des petits boulots

ABIDJAN EST DUR: expression ivoirienne qui signifie que la vie n’est pas facile. Il faut travailler dur pour gagner son pain à ABIDJAN.

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