A la rencontre des brouteurs

De passage dans un cyber café de la capitale, je fis la rencontres de très sympathiques jeunes gens. En  échangeant avec eux, ils me firent la confidence qu’ils étaient des arnaqueurs du net connu en Côte d’Ivoire sous l’appellation de « BROUTEURS ». Cette activité(le BROUTAGE) consiste en général à créer  une fausse relation amoureuse avec une personne rencontrée sur le net. S’ensuit alors des demandes de somme d’argent extorqué par divers moyens tel qu’un présupposé voyage en vue de rejoindre l’être aimée ou encore cas de maladie ou de décès des parents(ils ne tarissent pas d’idées à ce propos). A la question de savoir pourquoi ils ont choisi cette activité, diverses réponses m’ont été donné. Et ce qui revenait le plus souvent c’est: »y a pas travail oh! » ou encore « on fait ça pour aider nos parents oh, la vie est trop dure! ». Avec la bonne foi qui m’anime, j’entrepris de les dissuader en les mettant face aux risques auxquels ils s’exposent  et en particularité la prison vue les mesures qui ont été prises par nos autorités pour endiguer à ce phénomène. Mais en approfondissant les échanges, je fus bien surprise d’apprendre à mes dépens que la répression n’était pas suffisant pour en découdre avec « le BROUTAGE ». De plus ceux qui s’adonnent à cette pratique sont de plus en plus jeunes, au grand drame de certains parents qui voient leurs enfants pourtant brillants quittés les bancs. Après analyse de cette situation et une longue période de réflexion, je compris que hormis la répression, une réforme du système éducatif s’impose à nous en priorité mais également une prise de conscience et un changement de mentalité dans l’éducation des enfants.

  • LA REFORME DU SYSTÈME ÉDUCATIF

« L’oisiveté est mère de tous les vices » a t on coutume de dire. Aussi maintenir les jeunes gens le plus longtemps possible à l’école pourrait éviter beaucoup d’ennuis à la société. Mais comment les maintenir? Il faudrait tout simplement rendre l’école ludique. En entendant le mot ludique,vous pensez au jeu n’est-ce pas? Pour moi l’école n’a jamais été une contrainte car dès mon bas âge, au lieu de m’inscrire au jardin d’enfant, mon père a préféré me garder à ses côtés et m’apprendre à lire et à écrire à la maison par des jeux tout simplement, avec des termes qui mettaient adaptés et sur tout à mon rythme. Et à mon entrée au CP1, je savais lire et écrire mieux que ceux qui avaient faits le jardin d’enfant. De sorte que j’étais excellente et brillante à l’école et le stress causé par l’instituteur je l’ai pas connu de tout mon parcours scolaire. Je vous conte cette expérience pour que vous puissiez comprendre que les méthodes qui ont tendance à susciter la crainte pour favoriser l’apprentissage sont néfastes pour l’équilibre de l’enfant. Je salue à ce propos le retrait de la chicote de l’école primaire(même si elle avait ses avantages, il faut reconnaître que l’usage de la chicote à faire fuir plus d’un de l’école). Mais le retrait de la chicote n’est pas suffisant. Il faut adapter le système éducatif aux besoins des jeunes. C’est à dire les attirer à l’école par ce qui les accrochent le plus. Par exemple, en France il existe le BAC option équitation qui permet à l’enfant d’être non seulement à l’école mais également de pratiquer sa passion(monter à cheval). En général  les jeunes ivoiriens sont passionnés par la musique, le football et avec l’avènement des Nouvelles Technologies de l’Information, de tout ce qui englobe les TIC. Il serait convenable pour  ma part d’inclure ses paramètres dans le volet éducatif. Certains me diront mais le sport est déjà pratiqué dans nos écoles, de même l’informatique, la musique sont enseignés. Chers amis, en suivant le parcours de  jeunes étudiants américains vous verrez  que certains sont resté à l’école et ont doublé d’effort pour améliorer leurs résultats scolaires parce que sportifs (Baseball  ou cheerleaders) ont leur accorderait une bourse d’étude en contrepartie de bons résultats scolaires et à défaut d’un bon niveau d’étude ils ne pourraient pas pratiquer leur activité sportive à titre de profession plu-tard. Il faut arriver à maintenir les jeunes ivoiriens de la sorte à l’école. Il y a peut être des institutions éducatives spécialisées à ce sujet en outre Sol béni où les jeunes peuvent allier leur passion le football, aux études. Mais cela n’est pas à la porté de toute la population, c’est pourquoi nos autorités devraient penser à reformer le système éducatif en incorporant ses aspects dans l’enseignement général. Il serait intéressant que les jeunes trouvent leurs aspirations en l’école. Par exemple pour les TIC, on sait que certains des lycées et collèges ont une salle informatique équipée du matériel informatique et ayant la connexion internet. Pourquoi ne pas faire des croquis qui seront visuel sur les écrans et principalement dispenser les cours de mathématiques avec l’outil informatique qui sont pour beaucoup d’élèves « la bête noire » et difficiles à comprendre? Quand on sait que les jeunes d’ aujourd’hui sont attirés par les TIC et internet cela produira forcement de meilleures résultats. L’expérience a été déjà faite dans une ville du Canada. Les professeurs de mathématique ont dispensé les cours grâce aux tablettes numériques et il y a eu une nette amélioration dans les résultats scolaires des élèves. Certains me diront que c’est impossible dans nos Etats africains. En Côte d’Ivoire plusieurs établissements scolaires possèdent une salle informatique; on pourrait tenter l’expérience avec ceux-ci. Une chose est sûre il aura un grand engouement chez les élèves et beaucoup sécheront moins les cours. En un mot, il faut emmener les jeunes à aimer l’école en les attirant pas ce qui les aiment.

  • PRISE DE CONSCIENCE ET CHANGEMENT DE MENTALITÉ

Pendant longtemps le bon père africain était celui qui suscitait la crainte  chez ses enfants. Quant à la mère, elle était soumise et prompte à réaliser les vœux de son époux sans jamais pouvoir s’opposer même si elle les estimait inadéquates. Loin de taxer cette situation de néfaste, je voudrais juste que le rôle du père autoritaire soit modérer dans l’éducation des enfants. Très souvent, on n’écoute pas  les enfants et on s’impose à eux. Afin d’assurer au mieux l’avenir de vos enfants il serait convenable d’allier au caractère autoritaire, la douceur et la simplicité de sorte que l’enfant sente non seulement l’autorité qu’à les parents sur lui mais également l’assurance de trouver une oreille attentive en cas d’inquiétude. Le plus souvent les parents sont face au fait accompli. Pour ma part il serait important de prendre le temps de discuter avec les enfants. Si les parents prennent cette habitude, ils s’apercevront tout de suite s’il y a quelque chose qui cloche chez l’enfant. De plus il serait judicieux de veiller aux fréquentations de l’enfant. A ce propos, laissez les amis de l’enfant venir le voir quelques fois à la maison vous permettra de juger au mieux ses fréquentations. En ce qui concerne l’école, il ne suffit pas d’inscrire l’enfant dans une école et de dormir sous ses lauriers. Il faut prendre également le temps de suivre l’enfant. Par exemple jetez  de temps à autre un œil sur les prises de notes de l’enfant, se rendre souvent à l’école de l’enfant ou à défaut prendre le contact d’un enseignant pour vous avoir des nouvelles de son rendement à l’école. C’est triste que certains parents se rendre seulement compte en fin d’année scolaire et après le renvoi de leurs enfants que ceux ci faisaient l’école buissonnière.

Si chacun joue au mieux son rôle, c’est à dire si les autorités arrivent à trouver la parade pour maintenir les jeunes le plus longtemps à l’école; et que les parents parviennent à mieux encadrer leurs enfants les vices comme le BROUTAGE, connaîtront une baisse considérable dans notre société.

Pour terminer je voudrais dire qu’Il est grand tant que les africains comprennent que le but de l’école n’est pas de garantir un avenir certain et prospère mais d’instruire et d’accroître les connaissances afin de faciliter l’insertion sociale et professionnelle de l’individu. Et c’est en cela que l’école prend tout son sens. Vue son importance, Il est nécessaire et judicieux que l’école soit perçu comme le lieu d’épanouissement par excellence et non  comme un lieu de crainte et de contrainte par l’enfant. Pour aboutir à ce résultat il faut non seulement l’implication de nos autorités dans le milieu éducatif  mais également un changement de mentalité de toute la société.

 

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Rita Pascale de l’Immaculée

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